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Comment dormir sur un long-courrier quand l'enfant est sur vous

L'enfant dort. Sur vous. Vous ne pouvez pas vous lever, pas vous pencher en avant. Voici l'équipement et l'approche qui permettent de dormir pour de vrai dans cette situation précise.

7 min de lecture
Comment dormir sur un long-courrier quand l'enfant est sur vous
Photo by Ross Parmly on Unsplash

Tous les guides de long-courrier avec un tout-petit se concentrent sur comment faire dormir l'enfant. Le vrai problème, dont personne ne parle, c'est ce qui se passe ensuite.

Le petit dort. Enfin. Sur votre poitrine, tête sur l'épaule, respirant régulièrement. Entre 90 minutes et quatre heures de silence vous attendent, la seule vraie pause de tout le vol. Et vous ne pouvez pas en profiter parce que votre tête tombe en avant dès que vous vous endormez, l'enfant se réveille, et la sieste est terminée. Ou c'est votre nuque qui vous réveille avant d'atteindre le sommeil profond.

C'est exactement ce problème-là qu'on aborde ici.

Pourquoi dormir en position assise normale ne fonctionne pas

Quand on s'endort assis, la tête tombe en avant. C'est le problème du ballottement, et il est inconfortable dans tous les contextes. Avec un enfant endormi sur les genoux, c'est pire : le soubresaut au rattrapage le réveille, ou c'est la nuque qui vous réveille avant d'atteindre un sommeil profond.

Le réflexe est de basculer le siège en arrière et de s'appuyer sur l'appuie-tête. Sans enfant, ça fonctionne assez bien. Avec un tout-petit sur la poitrine, ça change la posture de façon inconfortable pour les deux, et la plupart des sièges économiques ont si peu d'inclinaison que ça aide à peine.

L'autre réflexe, c'est d'appuyer la tête contre le hublot. Pour les parents côté fenêtre, ça résout le problème de la tête, mais pas celui des cuisses engourdies.

Ce qu'il faut, c'est quelque chose qui maintient la tête en place pour pouvoir dormir assis sans ballottement.

L'équipement qui fait la différence

1. Le bandeau SARISUN : ce qui change tout

Le coussin de voyage SARISUN n'est pas un coussin cervical. C'est un bandeau : une sangle qui passe autour de l'appuie-tête du siège et maintient votre tête pour qu'elle ne tombe pas en avant. Il est livré avec un masque de sommeil intégré qui bloque la lumière de la cabine.

Le mécanisme est simple : au lieu de compter sur la tension des muscles du cou, la sangle prend le relais. Le cou se détend, la tête reste à peu près droite, les yeux sont masqués. Ce n'est pas comme dormir dans un lit. Mais c'est ce qui se rapproche le plus de ce qui est possible en économique avec un tout-petit sur la poitrine.

Deux choses à savoir avant d'acheter : il faut un appuie-tête avec des ailerons ou des bords relevés (ne fonctionne pas sur les appuie-têtes plats qu'on trouve dans certains anciens avions). Et le réglage prend quelques minutes, mieux vaut ne pas essayer pour la première fois dans l'avion, au moment précis où on en a besoin.

Il existe aussi une version améliorée avec jugulaire pour ceux dont la tête bascule encore sur le côté malgré la sangle standard.


2. Le repose-pieds gonflable : surélève les genoux, stabilise l'enfant

Un repose-pieds gonflable se glisse sous le siège devant vous et se gonfle jusqu'à combler l'espace entre vos pieds et le sol. Résultat : les jambes sont surélevées, les genoux forment une surface plus plate et plus stable, et l'enfant qui y repose n'a plus besoin de se cramponner pour ne pas glisser.

C'est particulièrement utile pour les moins de 2 ans qui voyagent sur les genoux. Un enfant qui glissait auparavant sur les cuisses repose maintenant sur quelque chose qui ressemble davantage à une surface plane. Et ça aide aussi votre propre circulation, un problème sur tout long-courrier, mais aggravé quand vous ne pouvez pas bouger les jambes parce qu'un enfant endormi y est posé.

Attention : toutes les compagnies aériennes n'autorisent pas les repose-pieds gonflables. Emirates, Korean Air, Virgin Atlantic, Air France et Qantas sont parmi celles qui les interdisent. Vérifier impérativement la politique de la compagnie avant d'embarquer. Là où c'est autorisé, c'est l'un des accessoires de voyage famille les plus sous-estimés.


3. Le coussin lombaire : transfère le poids des cuisses vers le bas du dos

Un petit coussin lombaire dans le bas du dos modifie la posture de façon à transférer une partie du poids de l'enfant des cuisses vers la région lombaire. Ça paraît un ajustement mineur. Après deux heures avec un tout-petit de 12 kilos sur les genoux, c'est perceptible.

N'importe quel coussin de voyage compact remplit cet objectif. Le coussin de l'avion coincé dans le bas du dos est la version gratuite de la même idée. L'objectif est de modifier la posture avant que les cuisses s'engourdissent, pas après.


4. Une mousseline ou une couverture légère : pour la transition

Quand un tout-petit s'endort sur vous, il réagit souvent à la chaleur et à la proximité autant qu'à la fatigue. Une mousseline légère posée sur vous deux aide à maintenir cette chaleur si vous devez vous repositionner légèrement sans réveiller l'enfant. Utile aussi quand la cabine refroidit (ce qui arrive souvent sur les vols de nuit) sans avoir à ouvrir le compartiment à bagages.


La position qui fonctionne

Côté hublot : appuyer la tête contre la paroi, le SARISUN la maintient depuis l'appuie-tête. Repose-pieds sous le siège devant. Enfant sur les genoux, tête tournée vers la paroi du hublot pour ne pas être complètement à la verticale. Couverture légère sur les deux. Cette position permet à la plupart des parents de dormir 2 à 3 heures sans changer de position.

Côté couloir ou milieu : le SARISUN est encore plus important car le hublot n'est pas là pour servir d'appui. Chercher à incliner légèrement le siège (assez pour que la tête ait quelque chose sur quoi s'appuyer) et laisser la sangle faire le travail. Le repose-pieds est aussi plus utile ici car les places couloir et milieu ont souvent plus d'espace aux jambes mais moins de structure.

Ce qui ne fonctionne pas

Le coussin cervical en U. C'est l'achat réflexe en aéroport pour dormir en avion, et il est souvent inutile avec un enfant sur les genoux. Il maintient le cou confortablement, mais ne fait rien contre la tête qui tombe en avant.

Incliner le siège au maximum. Le plus grand angle d'inclinaison améliore légèrement la position de la tête, mais vous met dans une posture où l'enfant ne peut pas s'allonger à l'horizontale sans glisser, d'autant que la plupart des sièges économiques ont une inclinaison si faible que ça ne change presque rien.

Avant d'embarquer

Préparer le dispositif avant le vol, pas pendant. Sortir le SARISUN et s'entraîner à le fixer chez soi ou à la porte d'embarquement. Vérifier quel siège vous avez et si l'appuie-tête a des ailerons. Si non, la sangle ne fonctionnera pas : prévoir un plan de secours.

Ranger le repose-pieds et la couverture dans le sac sous le siège devant, pas dans le compartiment en hauteur. Tout ce dont vous aurez besoin une fois l'enfant endormi doit être accessible sans se lever.

La perspective d'ensemble

Le long-courrier est la partie la plus difficile du voyage avec un tout-petit. À destination, Tokyo, Singapour, où que vous alliez, le voyage devient généralement plus facile. Le vol dure 10 heures. Le séjour dure dix jours. L'équipement vaut l'investissement.


Le guide complet des longs-courriers avec des tout-petits, notamment les décisions importantes avant la réservation, est ici.

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